L’AAPPMA ? Mais qu’est-ce donc ?! Pour élucider ce mystère, je rencontre François Formon, président de cette Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique du Loc’h. Alors que la deuxième édition du Raid Loc’h Fishing approche à grands pas, François redonne un coup de jeune à la pratique de la pêche et il nous en parle… 

– Salut François, la « pêche » ?
Haha, ouais ça va bien !

– Alors, l’AAPPMA c’est quoi ?
Alors une AAPPMA, c’est une association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique. Donc c’est une association de Loi 1901 et déclarée d’utilité publique. Elle a deux missions principales : la protection du milieu aquatique, qui se fait à travers des opérations de réhabilitation de cours d’eau qui ont été dégradés, à cause notamment de ce qui s’est fait avant comme le remembrement. A l’époque, les talus ont été cassés pour faire des grandes parcelles, ce qui fait que l’eau ravine dans le cours d’eau. S’il y a un traitement phyto et qu’il pleut, plus rien ne le retient. Le deuxième volet, c’est la promotion du loisir pêche, avec des initiations pêche, des découvertes du milieu aquatique ou à travers des petites compétitions, comme on organise bientôt.

– Comment fonctionnez-vous pour protéger les cours d’eau ?
Alors, on n’est pas les seuls sur les cours d’eau. Nous ne sommes ni les seuls utilisateurs, ni les seuls responsables de l’eau. Tout le monde est concerné par une qualité d’eau importante : les citoyens, les agriculteurs, les pêcheurs… Nous faisons des actions de sensibilisation sur l’utilisation de l’eau, le gaspillage, toutes ces choses-là. Il y a eu un gros effort de fait par les propriétaires riverains, notamment les agriculteurs sur tout ce qui est bandes enherbées, utilisation des produits phytosanitaires. Notre boulot est également de refaire les zones de frayère (où se reproduisent les poissons) et on le fait souvent avec des enfants. On fait des tas de cailloux dans l’eau et on revient voir en automne (à la période de reproduction) si ça fonctionne. Les enfants voient que les poissons sont là et que ça fonctionne, donc ça a un impact. On a également un garde pêche, qui est un relai sur le terrain avec les pêcheurs. Alors attention, on a trop souvent tendance à l’assimiler à la sanction alors que c’est avant tout de la prévention.

– Avec qui travaillez-vous ?
Avec les institutions, la Fédération de Pêche du Morbihan, le Syndicat Mixte du Loc’h et du Sal, Eaux et Rivières de Bretagne, la Mairie de Grand-Champ et donc, comme je l’ai dit, avec les propriétaires riverains.

– Toi tu ne t’en « fish » pas de l’environnement. Est-ce que les mentalités ont changé concernant ce point ?
Je pense que les mentalités ont changées. Déjà, auparavant les pêcheurs allaient surtout à la pêche pour se nourrir. Maintenant, je ne pense pas qu’on ait besoin de la pêche récréative pour se nourrir. Ce serait compliqué car il n’y a pas l’abondance d’antan. Du coup, les jeunes pêcheurs pratiquent ce qu’on appelle le « no kill », c’est-à-dire qu’ils attrapent des poissons et ensuite ils les relâchent. Aujourd’hui on pêche de manière raisonnée. Les plus anciens pêcheurs commencent également à pratiquer de cette manière. Après, concernant les gens qui utilisent l’eau, je pense qu’il y a eu une prise de conscience. Pas assez car on voit encore des gens qui nettoient leur voiture ou arrosent leurs fleurs un midi en plein été… Le premier souci entre les nations ce sera l’eau.

– Quels poissons trouve-t-on le plus dans les cours d’eau par ici ?
C’est la truite fario. On trouve également ce qu’on appelle des poissons d’accompagnement de la truite : les vairons, les chabots, les loches. Dans les parties un peu plus chaudes, on peut trouver des gardons, des chevesnes, des perches, des brochets aussi.

– De quelle couleur sont les petits pois ?
Vert.

– Et non les p’tits poissons rouges.
Ah mais oui, mince, j’étais devenu trop sérieux là…

– Vous organisez des initiations et des stages de pêche mais aussi une compétition appelée le Raid Loc’h Fishing, qui aura lieu très bientôt. Peux-tu m’en parler ?
Alors ça a lieu le 30 avril. C’est une compétition où les gens pourront pêcher les poissons qu’ils veulent à la technique qui veulent. On ne veut pas privilégier une technique plutôt qu’une autre. Le but de la compétition c’est que les gens se rencontrent. La pêche n’échappe pas à la vie quotidienne, c’est-à-dire que les gens sont mis dans des cases : ils pêchent tel poisson de telle manière c’est la case 1, un autre va pêcher le même poisson avec une autre technique à la case 2, ils ne vont pas se parler ! Ils vont même se mépriser… Ce qui est énorme. L’objectif c’est que les gens puissent se rassembler. Ce raid aura lieu sur tout le bassin versant du Loc’h, de Plaudren jusqu’à Auray, donc sur une quarantaine de kilomètres de cours d’eau. On a souhaité une petite partie orientation, avec des cartes IGN, et ce sera aux équipes de pêcheurs d’adapter leur technique en fonction d’où ils pêchent. Ce sont des équipes de 2. Celle qui fait le plus grand nombre de poissons les plus longs remporte la compétition. Ils auront une toise sue laquelle ils poseront le poisson et prendront une photo avec leur téléphone pour savoir combien il mesure. Ils relâcheront le poisson. Une rangée de commissaires sera là pour saisir les SMS avec variété, espèce et taille du poisson. Ils pêchent où ils veulent. Il y aura 100 personnes, c’est complet, mais tout le monde est le bienvenu !

– Où peut-on trouver des informations sur ce Raid ?
Sur le groupe Facebook « AAPPMA du Loc’h » ou sur la page événement « Raid Loc’h Fishing Edition 2017. »

– Il y a des saisons de pêche ?
On ne peut pas pêcher lors des périodes où les poissons se reproduisent. De septembre à mars sur le Loc’h. Sur des cours d’eau plus grands c’est de fin janvier à début mai.

– Quand c’est fermé, comment fais-tu pour garder la « ligne » en hiver par exemple ?
(rire) On pratique des activités physiques, notamment les opérations de nettoyage des cours d’eau : débroussailleuse, tronçonneuse, descendre dans les lits pour enlever des souches ou des déchets.

– Quels objectifs vous avez aujourd’hui pour l’asso ?
Premièrement que le Loc’h retrouve une qualité d’eau nécessaire à la vie aquatique mais également à la consommation. L’objectif final serait de retrouver du saumon dans le Loc’h. Ça voudrait dire qu’elle est en bon état écologique et ça aurait un impact économique énorme. Quand il y a du saumon dans une rivière, il y a des subventions beaucoup plus élevées et ça veut dire également qu’il y a plus de pêcheurs qui viennent de plus loin, donc à héberger et nourrir…

– Malgré ton attirance pour les cours d’eau douce, ça t’arrive d’aller au « bar » ?
(rire) J’ai deux réponses : oui je pêche également en mer et je me rends évidemment dans les bistrots car on a des dépositaires qui vendent des cartes de pêche pour nous. Ils travaillent pour nous donc on les fait travailler également.

– Je crois que c’est « leurre », merci de m’avoir reçue et à très bientôt !

© Mairie de Grand-ChampPoupi Le Nuage