Jonathan Tuiteala est musicien. Beatmaker pour être plus précise. A 32 ans, son air juvénile lui en donne « 23 pour ceux qui ne me connaissent pas » me glisse-t-il en souriant. Né au Mans, originaire de Wallis et Futuna, il s’installe à Grand-Champ en 2015 pour suivre sa femme, Céline, qui reprend la ferme de ses parents. Très investi dans la culture hip-hop, il fait aujourd’hui partie du groupe de rap Layonz, qui risque de faire rugir les foules sous peu. Rencontre avec un passionné dans son studio-grenier.

De la capoeira au breakdance

En 1998, Jonathan découvre le Hip-Hop grâce à l’émission Sports Extrêmes sur M6 et notamment grâce au Battle of the Year, LA référence internationale en breakdance. Cette danse est née dans les années 1970 dans les rues de New-York. Son but est de canaliser la violence et d’inciter les jeunes à se défier dans la musique et la danse plutôt que dans des combats de rues. Au même moment, Jonathan fait de la capoeira, art-martial afro-brésilien dont le Hip-Hop s’inspire pour certains mouvements. A l’étage au-dessus de la salle où il pratique, il rencontre un jeune homme qui fait du breakdance. Il se prend de passion pour cette danse et ne cessera de danser jusqu’en 2013 : participation à des battles, compétitions… Jonathan représente alors la Ville de Vannes.

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De la frustration à la motivation

Puis son corps commence à lui faire comprendre qu’il faudrait peut-être arrêter : problèmes aux genoux, aux épaules… Véritable frustration pour Tutu qui ne vivait que pour ça. C’est alors qu’il se souvient du matos que des potes lui ont offert quelques années plus tôt, en 2010, pour réaliser son propre son. Il le ressort du placard et commence à y toucher. Pendant un an, pas un jour ne passe sans qu’il ne touche à son clavier midi (clavier permettant de jouer des instruments virtuels). Son objectif est de se diversifier au maximum, il ne veut « pas se bloquer à un style », il « aime  le Hip-Hop mais ne veut pas se cantonner à ça ». Il devient ainsi beatmaker.

De la musique de chambre à moquette à la musique de salle en parquet

Tutu crée donc des musiques pour des battles de danse. C’est une véritable consécration lorsque Redbull et Battle of the Year le contactent pour lui acheter des sons. Aujourd’hui son travail paie et tournent pour de nombreuses compétitions de danse Hip-Hop à travers le monde.

@mennovangorp 🇱🇺on my Track "Good vibes" feat. @hadjvjv .🎼🎼🎼🎥repost from @redbullbcone #Bboybreak #HAD #menno #redbullbcone #datete #goodvibes #créole #Netherland #IBE

Posted by TUTU au Mic' on Mittwoch, 13. September 2017

Du cliché à la réalité

En parallèle en 2012, Tutu crée l’association The StreetMakerz afin de regrouper tous les activistes Hip-Hop de Vannes (graffeurs, danseurs, rappeurs…). L’objectif ? Proposer des événements à la Ville de Vannes et surtout mettre fin au cliché du quartier. L’association existe encore même si, Tutu l’avoue, « c’est dur de gérer le bénévolat ». Aujourd’hui, elle sert essentiellement aux danseurs pour qu’ils se produisent.

Du son en studio au live sur scène

De 2014 à 2015, Tutu continue de s’entraîner à créer mais aussi à enregistrer. Beaucoup de rappeurs passent dans son studio et chacun en tire profit : l’expérience de studio pour les uns et l’expérience de l’enregistrement de voix pour Tutu, comme un échange de bons procédés. Fin 2015, il fait la connaissance de Ti Ben, un rappeur originaire de La Réunion et qui s’installe dans la région. Entre eux, ça accroche « direct », il rappe, il chante… En 2016, le titre « Massaï » voit le jour sous la formation H.A.D et à partir de là tout s’enchaîne. Ils sortent un premier EP  de 6 titres, qui remporte le Palmarès du Mensuel du Golfe avec des critiques « haut la main » par le jury composé de Bertrand Belin, Deluxe et Mister Eleganz.

Il rencontre aussi Ben K, le frère de Ti Ben qui apporte sa patte aux enregistrements, il est vite intégré au projet. En 2017, H.A.D devient LAYONZ et se compose des deux frères rappeurs, ainsi que de Jonathan et Joris Faby, les deux beatmakers. Très vite, ils s’attellent à la réalisation d’un nouvel EP, qui sort la même année sous le titre « Phénomène ». Ils tapent dans l’oreille d’Anne Burlot-Thomas, directrice artistique de la MAPL, l’association Musiques d’Aujourd’hui en Pays de Lorient. Cette dernière tombe sous le charme du titre « Massaï », elle contacte L’Echonova de Vannes et ils décident ensemble de faire une production mutualisée afin d’accompagner le groupe dans son projet artistique. L’objectif ? Structurer le groupe pour qu’il puisse gérer sa communication, la partie administrative et, surtout, proposer un live qui tient la route. Fin juillet 2017, Jean-Louis Brossard, programmateur des Transmusicales de Rennes, souhaite les voir jouer. Résultat des courses, ils plaisent et sont programmés aux Transmusicales pour l’édition 2017. Une belle vitrine pour le groupe qui est aujourd’hui en phase de qualification pour les Inouïs du Printemps de Bourges. On leur souhaite d’être sélectionnés (réponse le 25 février) et ainsi de pouvoir répandre leur « musique ethnique » à travers les frontières.

Des ateliers à La Villa Gregam

Fort de toute son expérience, Tutu proposera des ateliers d’initiation au beatmaking au Centre Culturel Éphémère « La Villa Gregam », une fois inauguré. Date officielle à venir prochainement…

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Un clip à Grand-Champ

Pour illustrer leur prochain clip pour le titre « Ma Définition », les compères ont décidé de tourner dans le bois de Penhoët à Grand-Champ. Je ne vous en dis pas plus, restez connectés pour visionner et diffuser le résultat ! 🙂

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© Mairie de Grand-Champ / Poupi Le Nuage